En réaction au Conseil Municipal du 02 juillet 2026
Le Conseil municipal….ou l’art d’aimer le débat, à condition qu’il soit unanime!
Quatrième conseil municipal de la mandature. À peine quelques mois se sont écoulés, et déjà une évidence s’impose : la majorité apprécie le débat… à condition qu’il ne débouche sur aucun désaccord.
Le premier sujet de crispation est révélateur : le procès-verbal de la séance précédente.
Manifestement, il faudrait le voter rapidement, sans trop s’attarder sur son contenu. Relever une erreur ? Corriger une approximation ? Demander qu’une intervention soit fidèlement retranscrite ? Voilà qui semble presque inconvenant. Un procès-verbal est pourtant la mémoire officielle d’un conseil municipal, pas une formalité administrative destinée à être approuvée les yeux fermés. Ironie du moment : Monsieur le Maire, arrivé avec un quart d’heure de retard, n’avait manifestement pas eu le loisir de le consulter lui-même. Il faut dire que l’emploi du temps est chargé. Celui qui expliquait autrefois ne plus souhaiter renouveler certains mandats en raison de leur lourdeur (chronophage selon ses propres mots) cumule aujourd’hui les responsabilités : maire, vice-président de la Communauté de communes, président du SYDEM, vice-président du VALTOM. Ce qui dérange surtout, c’est qu’une partie des échanges sur le projet de réseau chaleur-bois n’y figurait pas avec toute la précision nécessaire. Curieuse conception de la transparence : on prône la transition écologique dans les discours, mais certains débats deviennent soudain beaucoup moins confortables lorsqu’il s’agit d’en garder une trace écrite.
Le plus surprenant reste toutefois cette étonnante conception de la démocratie locale. Dans cette majorité, un vote contre semble être vécu comme une offense personnelle.
Ne pas approuver la vente de pain, viennoiserie et de glaces (alors que minimum 4 ou 5 commerçants Gibaldipontins en proposent) au camping municipal devient presque un acte de rébellion. Pourtant, il est parfaitement légitime de s’interroger sur les contraintes sanitaires, la gestion des invendus ou la rentabilité d’une telle activité.
Même réaction lorsque l’on ose douter de l’efficacité d’une hausse des tarifs. Augmenter les prix est toujours plus simple que rendre un équipement plus attractif. Or, le véritable indicateur de réussite d’un camping n’est pas le tarif affiché à l’entrée, mais son taux d’occupation. C’est lui qui permet d’équilibrer les comptes. L’expérience de notre précédente mandature l’a démontré.
À ce sujet, j’invite d’ailleurs la majorité à tendre l’oreille vers l’un de ses propres colistiers, présenté pendant la campagne comme spécialiste du camping municipal ayant de grands projets. Celui-ci préconise aujourd’hui des tarifs adaptés aux longs séjours. Une proposition qui rejoint précisément le vote contre l’augmentation des tarifs. Comme quoi, les bonnes idées ne sont pas toujours là où certains voudraient les voir.
Enfin, je tiens à rassurer ceux que nos prises de position semblent déranger.
Oui, nous continuerons à exercer pleinement le mandat que les électeurs nous ont confié.
Être élu d’opposition ne consiste pas à lever la main lorsque la majorité le souhaite, ni à servir de caution démocratique. Notre rôle est de contrôler, de questionner, de proposer et, lorsque nous estimons qu’une décision n’est pas la bonne, de voter contre.
Si cela vaut les remontrances de la troisième adjointe ou suscite quelques crispations au sein de la majorité, c’est probablement le signe que notre rôle est utile.
Les élus d’opposition,
Jean-Jacques Lassalas et Alain Fournier
